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Journée Internationale des Droits de la Femme : Quelles Initiatives au Togo et en Guinée

Dans la continuité de la Journée internationale des droits des femmes qui s’est tenu le 8 mars dernier, l’attention demeure portée sur le Togo et la Guinée, deux nations où les droits des femmes sont au cœur des préoccupations. À travers cet article, Eau Z’Enfants met en lumière les initiatives et les défis auxquels sont confrontés les femmes dans ces pays, soulignant à la fois leurs avancées significatives et les obstacles sur la voie de l’égalité des sexes.

C’est en 1977 que l’ONU a officialisé la journée internationale des femmes en invitant le 8 mars tous les pays à célébrer les réalisations des femmes et à militer pour l’égalité des droits. Elle enrichit ces dispositions en 1979 par l’adoption de CEDAW, un traité international qui vise à garantir l’égalité des droits entre les femmes et les hommes dans tous les domaines de la vie.

En 2010, l’ONU crée même ONU Femmes dont la  mission est de promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans le monde entier. Chaque année, l’Organisation des Nations Unies (ONU) choisit un thème spécifique qui suscite de nombreux débats et actions. Le thème sélectionné pour l’édition 2024 était « Promouvoir l’investissement dans le bien-être des femmes : accélérer les progrès« . L’objectif est de surmonter l’un des principaux obstacles entravant l’atteinte de l’égalité des sexes d’ici 2030, à savoir le déficit financier. Selon les estimations de l’ONU, le manque annuel de financement pour les initiatives en faveur de l’égalité des sexes s’élève à 360 milliards de dollars.

Mais qu’en est-il au Togo et en Guinée, les deux pays soutenus par Eau Z’Enfants depuis 2019.

Les femmes togolaises, quelle place dans la société ?

Les femmes du Togo occupent une position essentielle dans l’économie nationale, tant dans les structures officielles que dans le secteur informel. Elles constituent environ 51% de la population active totale, se concentrant principalement dans les domaines de l’agriculture, du commerce et de l’artisanat.

Au regard de ces enjeux économiques et de la position des femmes, le gouvernement togolais a mis en place en 2011 une « Politique Nationale pour l’Equité et l’Egalité de Genre (PNEEG). Cette politique est accompagnée d’un plan d’action et d’un cadre institutionnel visant à assurer son efficacité et son optimisation. Son objectif principal est de faire du Togo un pays sans discrimination entre hommes et femmes en leur offrant les mêmes opportunités de participation au développement. En 2019, cette politique a été révisée et une Stratégie Nationale d’Équité et d’Égalité de Genre (SNEEG) a été adoptée pour renforcer les progrès réalisés et s’adapter aux nouvelles réalités.

Le Togo a également modernisé plusieurs de ses lois et lancé diverses initiatives pour promouvoir l’égalité des sexes. Ces mesures vont de l’adoption d’un nouveau code pénal plus équitable à la révision de la stratégie de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), en passant par l’élaboration d’une stratégie nationale d’intégration du genre dans les politiques de développement. Cette évolution juridique, soutenue par des associations et des partenaires, a contribué à réduire certaines des violences les plus graves contre les femmes, telles que l’excision.

En 2022 l’Assemblée Nationale Togolaise a acceléré sa politique de promotion de la femme. Elle a ainsi voté quatre lois utilitaristes visant à renforcer les droits des femmes, dans les milieux professionnels, judiciaires et familiaux.

Les femmes en politique

Notons que l’Assemblée Nationale est présidée par Mme Yawa Djigbodi TSEGAN, c’est la première femme à la tête d’une telle institution au Togo.

 

Quelques chiffres pour illustrer la place des femmes dans la vie politique togolaise.

Femmes togolaises en politique

La faîtière des communes du Togo créée en 2020 est présidée par une femme. 

Le poste de médiateur de la République est quant à lui assuré par une femme. Mais qu’en est-il au sein de l’économie togolaise ?

Les femmes dans la vie économique du pays

“Quand une femme réussit, c’est tout le village qui réussit.” C’est avec ces mots que la rappeuse togolaise Milly Parkeur commençait son discours à l’intention de filles et garçons de villages au Togo en juin 2018. 

L’entrepreneuriat se conjugue aussi au féminin au Togo. Qu’il s’agisse de l’agro-alimentaire, des produits de beauté, de l’habillement, de l’événementiel, du numérique ou du commerce en général, les femmes sont de plus en plus représentées partout où la richesse est créée et distribuée.

La montée en visibilité des entrepreneuses dans le paysage des affaires à Lomé découle d’un processus intentionnellement planifié par les autorités togolaises sur plusieurs années. Selon Sandra Johnson, Ministre secrétaire générale de la Présidence en charge de la cellule climat des affaires, cette tendance résulte d’efforts soutenus en faveur de l’entrepreneuriat féminin, notamment à travers des réformes économiques axées sur l’amélioration du climat des affaires, le soutien aux jeunes, ainsi que l’instauration de mesures telles que l’attribution de 40 % des marchés publics aux jeunes et aux femmes. Ces mesures ont agi comme un catalyseur stimulant l’essor des entrepreneuses.

Et les chiffres parlent. Des données du CFE (Centre de Formalités des Entreprises) montrent que le nombre de femmes propriétaires d’entreprises individuelles au Togo a augmenté de 24,18% entre 2018 et 2022, contre seulement 6,89% chez les hommes.

Même si les choses ont évolué depuis 2018, les femmes continuent d’affronter quotidiennement des défis économiques et sociaux, alors qu’elles constituent le pilier du changement et de la prospérité.

Qu’en est-il de l’éducation

L’accès à l’éducation des filles restent un combat de tous les jours au Togo. En 2022, la situation de la scolarisation des filles reste encore préoccupante au Togo. Le taux de scolarisation est estimé à 55% chez les filles contre 78% chez les garçons.

Dans les zones les plus pauvres du Togo, comme les régions des savanes, le taux d’alphabétisation des femmes est très bas de l’ordre de 15%, contre 46 % pour les hommes, d’après l’UNESCO. Malgré les initiatives des autorités togolaises au cours des dix dernières années pour promouvoir l’éducation des filles, les progrès doivent s’accentuer.

Pourtant les effets positifs sont connus et il est crucial de souligner le rôle fondamental de l’éducation pour l’autonomisation des femmes. En acquérant des compétences et des connaissances, les femmes peuvent accéder à des emplois rémunérateurs, contribuer aux revenus du foyer et gagner en autonomie économique et sociale. 

De plus, une éducation solide sensibilise les femmes à l’importance de l’éducation de leurs propres enfants, ce qui contribue à briser le cycle de la discrimination et des pratiques néfastes telles que :

  • le mariage forcé ;
  • les grossesses précoces ;
  • le travail des enfants ;
  • la déscolarisation.

Après avoir discuté des initiatives et des défis concernant les droits des femmes au Togo, il est important d’examiner également la situation en Guinée. Bien que chaque pays ait ses propres dynamiques et défis, de nombreuses problématiques relatives aux droits des femmes se recoupent dans la région ouest-africaine. En Guinée, les femmes font également face à diverses difficultés en matière d’égalité des sexes, notamment dans les domaines de l’éducation, de la participation politique et de l’autonomisation économique.

D’après les données de la Banque Mondiale, la Guinée est l’un des pays les plus inégalitaires en matière de genre dans le monde : En 2021, le pays était classé 182 sur 191 dans l’indice d’inégalité des sexes du Programme des Nations unies pour le Développement.

Explorons maintenant les initiatives en cours et les obstacles à surmonter pour les femmes en Guinée.

La place des femmes en Guinée

Tout comme au Togo, les femmes guinéennes jouent un rôle crucial dans l’économie et la société de leur pays. Elles représentent une part importante de la population active. Malgré cette contribution significative, les femmes en Guinée continuent de faire face à des défis considérables en matière d’accès à l’éducation, de participation politique et d’autonomisation économique.

Promouvoir l'éducation des filles

Ces combats sont souvent portés par des femmes. Tel est le combat mené depuis plus de 30 ans par Aïcha Bah Diallo. C’est même l’histoire d’une vie. 

Ancienne ministre guinéenne, Aïcha Bah Diallo est une militante des droits des femmes qui tout au long de sa carrière a joué un rôle clé dans la mise en place de réformes importantes visant à améliorer l’éducation des jeunes filles. Elle a notamment participé à la création du Forum for African Women Educationalists (le Forum des éducatrices africaines, FAWE). Depuis 2005, dégagée de ses obligations ministérielles, elle anime au sein de l’UNESCO les politiques de l’éducation.

Cette vocation, on la retrouve également chez Foulematou, militante auprès du Club des jeunes filles soutenue par l’ONG Plan International.. Son objectif est d’interpeller les pouvoirs publics.  «Il faut créer des conditions d’apprentissage et de formation adéquates pour les jeunes filles. Le gouvernement doit jouer pleinement son rôle dans l’application et la vulgarisation des lois contre certaines pratiques néfastes à l’égard des filles. »

Ce cri du cœur constitue  un enjeu majeur pour les femmes guinéennes puisque seulement 3 filles sur 10 vont au collège et 1 fille sur 10 au lycée.

Au regard de ces chiffres sur l’éducation des filles, qu’en est-il de la place des femmes dans l’économie guinéenne.

L’activité économique des femmes

Une affaire d’engagement politique

À l’occasion du 65ème anniversaire de l’indépendance de la Guinée, célébré le 2 octobre 2023, le pays a lancé le “Compendium des compétences féminines”. 

Dans le cadre de cet événement, une plateforme digitale a également été dévoilée, offrant aux femmes guinéennes l’opportunité de s’épanouir dans tous les secteurs clés de l’économie du pays. 

Le projet est soutenu par Mme Aïcha Nanette Conté, ministre de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, qui a elle-même mobilisé six femmes du gouvernement ainsi que trois anciennes ministres des Affaires sociales.

La Première Dame de Guinée, Mme Lauriane Doumbouya, a elle-même apporté son soutien à ce projet en mettant en avant le rôle essentiel des femmes dans tous les aspects de la vie guinéenne. 

Elle souligne que le “Le Compendium sera une base de données précieuses qui permettra aux décideurs du secteur public et privé de reconnaître et d’apprécier les talents et l’expertise des femmes dans tous les domaines, qu’il s’agisse des finances, de la technologie, de l’art, de la politique de l’éducation, de la médecine, de l’entrepreneuriat, de l’agriculture et de l’artisanat (…) »

Même si le chemin à parcourir est encore long pour assurer l’égalité des sexes, la mobilisation des femmes africaines prend de l’ampleur et de nombreuses actions sont entreprises pour lever les freins qui pèsent sur leurs épaules tant sur l’éducation que l’entreprenariat.

Un enjeu sociétal

C’est justement dans cet esprit que le projet “Potenti’Elles” est né.  Son objectif est de faire bénéficier les femmes entrepreneuses de Guinée de formations mais aussi de leur faciliter l’accès au crédit.

Cette initiative, financée pour un montant de 15 millions d’euros par l’Union européenne et l’Agence française de développement, a été lancée le vendredi 9 février 2024.

Cette mesure entend renforcer les institutions guinéennes tant publiques que privées, pour qu’elles puissent être mieux outillées pour répondre aux besoins des femmes entrepreneures.

Le second volet de ce projet vise à sensibiliser l’entourage familial des femmes pour réduire autant que possible toutes les tâches notamment liées à la gestion du foyer.  A ce titre le projet “Potenti’Elles” entend soutenir les femmes contre une charge mentale qui pèse sur l’esprit des femmes quant à la tenue du foyer. Grâce à ce soutien, ces femmes auront l’opportunité de mettre en place une organisation solide pour : 

  • structurer le lancement et la gestion de leurs activités
  • améliorer la gestion de leur comptabilité
  • construire un réseau professionnel et optimiser le développement de leur entreprise.

Conclusion

La mobilisation et la mise en lumière pour les droits des femmes ne se résument pas à cette seule journée du 8 mars. Les progrès réalisés jusqu’à présent sont encourageants, mais il est essentiel de reconnaître que le chemin vers l’égalité est encore long. 

Cependant, les initiatives en cours démontrent clairement que le changement est possible. Au sein de l’association Eau Z’Enfants, nos projets interviennent principalement pour faciliter l’accès à l’eau potable dans les villages reculés. Les femmes et les enfants sont ainsi déchargés de ces tâches fastidieuses pour se concentrer sur d’autres activités comme une activité rémunératrice pour les mères et une scolarité à plein temps pour les enfants. 

Eau Z’Enfants est également intervenu pour soutenir une femme veuve et maman de 5 enfants pour créer son commerce de vente de céréales. Cette activité lui permet de répondre aux besoins de sa famille.

Femme Togolaise soutenue par Eau Z'Enfants

Depuis 2019, Eau Z’Enfants œuvre à travers différents projets pour leur offrir un nouvel avenir.

Chez Eau Z’Enfants nous pensons que l’éducation est la clé pour assurer de nouvelles perspectives. 

A ce titre, nous en avons fait notre cheval de bataille en réhabilitant ou en construisant de nouvelles écoles. 

Dans ce cadre, nous nous engageons à recruter et à rémunérer des enseignants qui assureront les cours, nous offrons aux écoliers du mobilier et du matériel leur permettant d’apprendre dans des conditions optimales. 

Nous nous engageons également dans le soutien aux orphelinats situés dans des petites localités qui sont trop souvent délaissés. 

Toutes les actions, aussi minimes soient-elles, peuvent provoquer des changements considérables.

L’éducation est la clé pour assurer de nouvelles perspectives. Avec l’association Eau Z’Enfants, il est notamment possible d’aider à la construction d’écoles ou de parrainer un enfant.

Célébrons les réalisations de ces femmes inspirantes mais restons également vigilants face aux défis persistants. En unissant nos voix et nos actions, nous pouvons construire un avenir où chaque femme et fille est libre de vivre, d’apprendre et de prospérer sans entrave.

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